Thomas LepeltierL’univers livresque

L’univers livresque de Thomas Lepeltier

Essayiste, travaillant sur des questions politiques, scientifiques et éthiques

Lettre de Bernard D’Espagnat


sur notre compte rendu de deux de ces livres

(Mise en ligne avec l’autorisation de son auteur)

Cher Monsieur,

J’ai bien reçu votre article concernant mon Traité et les Implications philosophiques... Je vous remercie bien vivement de me l’avoir envoyé et -- d’abord -- de l’avoir écrit ! J’ai pris grand plaisir à le lire car j’ai trouvé que vous aviez excellemment maîtrisé la difficulté intrinsèque à votre sujet. Je veux dire que, sur un thème bien sûr essentiel mais ardu, et dont nos contemporains ignorent tout, vous avez réussi à bâtir un texte fort agréable à lire, et cela tout en restant vrai et en signalant même, avec justesse, les nuances et les points d’interrogation. Et j’en dirai autant de votre article antérieur, plus développé, Les physiciens et l’énigme de la réalité, dans lequel tout est exact... jusqu’au sous-titre (ce qui est rare !).

L’une de mes ambitions serait de faire comprendre que loin de se réduire à la technoscience, comme le croient à l’heure actuelle l’immense majorité des gens cultivés, la science, par les problèmes existentiels qu’elle soulève, est aujourd’hui au moins "en droit", un élément vivant et important de la véritable culture. Or si les comptes rendus de mes ouvrages précédents avaient souligné à l’envi le caractère surprenant, voire déconcertant, des données de physique que je tentais de faire connaître, aucun n’avait vraiment fait ressortir cet aspect-là, l’aspect "culturel parce que de perenne philosophie", de l’évolution actuelle du savoir. Peut-être ne l’avais-je pas, moi-même, assez clairement explicité dans ces travaux ? Toujours est-il que votre article de 2001 et votre présent compte rendu me paraissent être les premiers à faire nettement et explicitement connaître ce lien physique-philosophie à un public non spécialisé en ces matières. C’est là pour moi un très grand sujet de satisfaction.

Bien cordialement vôtre.

Bernard D’Espagnat,
Professeur émérite de l’Université de Paris-Sud
Membre de l’Institut

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